3.1.2 Processus de formulation
De nombreux pays réalisent une analyse participative de la pauvreté (APP) avant de commencer à formuler un DSRP. Les données issues de cette APP servent de fondement à la planification (pour en savoir plus sur l’APP, cliquez ici).
La phase de formulation est habituellement l’étape la plus participative de la SRP. Pendant cette phase, le gouvernement organise des ateliers et des réunions de consultation qui lui permettent de connaître l’opinion des acteurs de la société civile. Dans certains pays, ces réunions sont organisées exclusivement dans la capitale et dans d’autres grandes villes, tandis que d’autres gouvernements recherchent un véritable élargissement de la participation à l’ensemble du pays. Parfois, il est relativement aisé, pour les organisations de la société civile, de prendre part à cette étape ; toutefois, il arrive qu’elles doivent batailler pour être entendues dans un contexte où de nombreux groupes peuvent faire entendre leur voix.
Exemple : le processus de formulation en Tanzanie
Le DSRP Tanzanien, par exemple, a été formulé en trois phases :
1ère phase : Des contacts élargis, la mise en réseau et la collecte d’information (par exemple, collecte des résultats de l’APP) se sont déroulés à l’échelon inférieur de la pyramide sociale. Résultat : une version préliminaire du DSRP.
2nde phase : Les particuliers et les organisations ont analysé ces résultats à la base de la pyramide sociale, ont révisé la version préliminaire et transmis leurs recommandations aux responsables. Résultat : la première version.
3ème phase : La consultation d’organisations et d’entités sélectionnées a eu lieu au cours d’un événement d’une semaine. Les présentations ont suivi la structure des trois ensembles proposés dans la première version du DSRP. Les participants ont fait des commentaires concrets et des communications sur des sujets particuliers.
Cet exemple montre de quelle manière le DSRP a été créé et révisé à plusieurs reprises, donnant aux OPH plusieurs occasions de commenter le document. Dans un autre exemple, les acteurs du handicap au Bangladesh, au Honduras et en Sierra Leone ont préparé des prises de position sur leurs versions respectives du DSRP (voir chapitre 4).
De nombreux pays ont mis en place des groupes de travail sectoriels (dénommés « cluster groups » en Tanzanie) qui sont responsables de différentes parties du DSRP. Les personnes handicapées doivent au moins participer aux discussions sur des sujets tels que la protection sociale, la santé, le développement humain, l’éducation, l’emploi et les infrastructures (voir chapitre 6 – handicap). Sans leur participation, la dimension du handicap pourrait être exclue, et les personnes handicapées risqueraient d’être réduites à des cas médicaux et de santé publique.
Les OPH et autres organisations travaillant dans le domaine du handicap devraient s’informer sur l’état de progrès de leur processus SRP et développer une stratégie commune pour toutes les questions importantes. Ici, une mise en réseau intensive est importante (voir chapitre 7). Le développement d’une stratégie commune sur le handicap nécessite énormément de temps. Dans tous les cas, l’unité est importante pour influencer les décideurs, car une voix unitaire est plus forte que plusieurs voix individuelles non coordonnées. Les instruments de lobbying et de plaidoyer tels que les campagnes de sensibilisation (voir chapitre 8) peuvent influencer les décideurs. Le partenariat avec les médias, les ONG(I) et les représentants du gouvernement peut augmenter les capacités. Il peut être utile, par exemple, de formuler un « Plan d’action pour le handicap » et d’impliquer différents acteurs tels que les employeurs afin d’analyser les opportunités d’emploi. Il est important que tous les acteurs de la SRP essaient d’introduire la dimension du handicap dans leurs secteurs, car les programmes sélectifs ne s’attaquent pas au cercle vicieux handicap – exclusion – pauvreté dans sa globalité (voir chapitre 6.4). Afin de devenir plus compréhensible et cohérente, la politique doit se concentrer sur un secteur et non sur un groupe cible. Les personnes handicapées ne constituent pas un groupe homogène. Leurs possibilités s’échelonnent d’une autonomie totale à nulle; la formulation de la politique doit prendre en compte ces différences et doit offrir une palette d’opportunités en conséquence.
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