4.3.1 Le DSRP en Sierra Leone
La Sierra Leone a lancé son processus de SRP en 2000 et publié un DSRP-I deux ans plus tard. Sa principale motivation était d’obtenir une réduction de dettes. Le chemin menant au DSRP complet a été particulièrement long et le document n’a été publié qu’en mai 2005. À l’origine, le processus n’a pas tenu compte des contributions de la société civile. Le défi auquel ont dû faire face les acteurs de la société civile était tout d’abord d’être entendus, avant même de pouvoir être impliqués. ActionAid a organisé un processus participatif en parallèle aux événements officiels et aujourd’hui le document officiel du DSRP reconnaît ce processus. Les donateurs et les Nations Unies ont fortement critiqué le niveau inadéquat de participation. Néanmoins, au début de 2005, ils ont approuvé le DSRP pour ne pas décourager le Gouvernement de la Sierra Leone, faute de quoi tous les processus auraient été stoppés, alors que le processus de la SRP avait déjà été retardé par le report de diverses dates butoires, y compris la première en décembre 2002. Plusieurs explications de ces reports ont été données : l’impact des activités d’après-guerre (désarmement, réinsertion de personnes intérieurement déplacées, etc.), l'issue incertaine des élections et des programmes d’assistance financière et technique, et des problèmes structuraux au sein du Bureau de Coordination de la Stratégie de Réduction de la Pauvreté (Poverty Alleviation Strategy Coordinating Office - PASCO), l’institution coordonnant le processus de la SRP. La corruption est un problème très grave dans le pays, et elle est l’une des raisons principales de la restriction des ressources allouées au processus SRP. Une réunion d’un groupe consultatif de donateurs destiné à étudier de pair DSRP et crédits aurait dû avoir lieu à Paris au début du mois de juin 2005 mais a déjà été reporté. La raison officielle de ce report était la tenue du sommet du G8, mais la presse estime que la raison véritable est la malgestion rémanente, la corruption au sein du gouvernement et la craintes des donateurs que les prêts disparaissent à nouveau au lieu de servir à la réduction de la pauvreté.




