4.7.4 Stratégies pour l’inclusion
Les différents projets et les différentes activités décrits dans ce cas d’étude se sont fondés de nombreuses stratégies d’implication dans le processus de SRP.
Déclarations écrites
Les acteurs du handicap au Honduras, au Bangladesh et en Sierra Leone ont rédigé des documents de prise de position qu’ils ont transmis à une large audience : gouvernement, donateurs et organisations internationales. Au Cambodge, ils ont participé à la rédaction d’une déclaration générale émise par la société civile. Au Bangladesh, la prise de position émise a non seulement entraîné une prise de conscience parmi les acteurs de la SRP mais encore favorisé la promotion d’une orientation interne et la définition d’une stratégie conjointe avec le mouvement en faveur des personnes handicapées dans le pays tout entier. Dans ces trois exemples, ce sont des déclarations écrites qui ont permis cette sensibilisation, même si elles n’ont pas eu d’effet direct sur la SRP elle-même dans tous les cas.
Analyse
En Tanzanie, les organisations travaillant dans le secteur du handicap ont réalisé une analyse participative de la pauvreté parmi les personnes handicapées et ont enrichi les données disponibles concernant l’analyse générale de la pauvreté. Les nouvelles données collectées ont démontré que les personnes handicapées font partie des groupes les plus vulnérables de la société ; en conséquence, les DSRP les ont pris en compte sur plusieurs points. Il devient ainsi évident que des données concrètes peuvent être convaincantes pour les décideurs de la SRP, et qu’elles sont donc un fondement précieux pour la planification. Cependant, dans de nombreux pays, il n’existe aucune donnée fiable concernant les personnes handicapées, ni aucun moyen de recherche. Pour résoudre ce problème, le Honduras a inscrit dans le DSRP l’exigence d’obtenir des statistiques sur le handicap.
Création de réseaux
Dans toutes les études de cas, l'établissement de réseaux se révèle essentiel. L’établissement de réseau a lieu à deux niveaux : au niveau interne et au niveau externe. En interne, l'établissement de réseau consiste, pour les organisations de personnes handicapées et agissant en faveur des personnes handicapées, à chercher à s’unir et à établir une position commune. Cette démarche est délicate car la définition d’une position commune peut négliger la diversité. Cependant, puisque la SRP est un processus national impliquant de nombreux acteurs, il est capital, pour tout mouvement national dans le domaine du handicap, quel qu’il soit, d’optimiser sa légitimité en s’assurant un large support et en transmettant un message très clair.
Au niveau externe, l’établissement de réseau implique que les organisations agissant dans le secteur du handicap approchent les acteurs de la SRP, par exemple institutions gouvernementales, ministères, donateurs, organisations internationales, institutions de recherche, etc. Dans tous les cas d’études présentés, on a vu que les contacts déjà établis avec des représentants au sein du gouvernement et avec d’autres acteurs importants sont très utiles. Dans le même temps, la SRP est une véritable plate-forme pour l’établissement de nouveaux contacts puisque les stratégies regroupent de nombreux acteurs différents. Ces contacts peuvent se révéler utiles ultérieurement, dans d’autres situations.
Parler d’une seule voix
Comme on l’a déjà dit, l’établissement de réseaux entre OPH est une démarche utile, qui permet à celles-ci de parler d’une seule voix. Toutefois, c’est aussi une démarche délicate dans la mesure où les personnes handicapées ne forment naturellement pas un groupe homogène et elles ont souvent des intérêts et des problèmes très différents. Cette volonté de parler d’une seule voix présente aussi l’inconvénient qu’elle exclut parfois complètement certains groupes spécifiques, par exemple les personnes présentant un handicap intellectuel, dont les familles sont rarement organisées de manière formelle ; ainsi on leur interdit dans les faits toute possibilité de contribuer au processus de SRP.
Démonstration de bonne pratique
Au Cambodge, les OPH locales ont mis en œuvre des projets à petite échelle ; par exemple, des femmes handicapées ont pu suivre une formation professionnelle. Ensuite, ce projet a été présenté aux autorités de la communauté comme exemple positif de l’aide pouvant être apportée aux personnes handicapées. Au Vietnam, un cours de langue des signes a été mis sur pied. Il a fait l’objet d’articles dans des journaux et de reportages télévisés, ce qui a entraîné une réaction positive de nombreuses personnes qui ont demandé aux autorités locales de mettre en place des formations similaires. Dans les deux pays, ces projets à petite échelle se sont révélés être une excellente manière de sensibiliser à la fois le public et les autorités et de leur présenter une solution au problème identifié. Très souvent, les autorités peuvent se sentir débordées face aux problèmes des personnes handicapées et ne pas être capables de mettre en place elles-mêmes des solutions ; il est donc nécessaire de faire des propositions proactives et positives.
Sensibilisation
Éveiller les consciences à la situation difficile des personnes handicapées est la première étape indispensable à toute autre activité. Les personnes handicapées sont trop souvent négligées et « invisibles ». Les acteurs du secteur du handicap doivent donc tout entreprendre pour rendre plus visibles les personnes handicapées, tout particulièrement au sein du grand public. Lorsque ces personnes sont généralement acceptées en tant qu’êtres humains comme les autres et donc devant être inclus à la société, l’opinion publique finit par pouvoir peser aussi sur les décideurs.




