6.1 Qu’est-ce que le handicap ?
Comme le handicap prend diverses formes, il existe plusieurs manières différentes de le comprendre et de l'interpréter, ce qui explique qu’il y ait souvent une certaine confusion vis à vis du handicap, tant chez les personnes non handicapées que chez les personnes handicapées. Les données disponibles reflètent elles aussi cette confusion : suivant un chiffre souvent cité de l’OMS, la proportion des personnes handicapées est en moyenne de 10 % dans le monde. Cependant, DISTAT, la banque de donnée des Nations Unies sur le handicap qui collecte les statistiques de différents pays, mentionne des chiffres allant de 0,3 % (en Thaïlande) à 20 % (en Nouvelle Zélande). Ces exemples montrent que le handicap est difficile à mesurer et à définir. Il n’existe pas de définition unique du handicap, mais toute une variété d'acceptions et de concepts différents. Par exemple, la myopie peut-elle être considérée comme un handicap ? Une personne ayant un doigt artificiel doit-elle être considérée comme handicapée ? Une personne sourde capable de communiquer efficacement par la langue des signes est-elle handicapée ? Chaque pays collecte des données sur le handicap en fonction de son acception de ce qu’est le handicap, qui varie fortement d’un pays à l’autre. Dans le contexte de la SRP, les données et les chiffres sont des moyens très efficaces de convaincre les décideurs. Pour arriver à une compréhension globale et produire des données fiables et comparables, les agences internationales – telles que l’OMS – travaillent actuellement à une définition générale. Les modifications des modèles existants de ces dernières années et l’émergence d’une nouvelle définition (la Classification Internationale des Fonctions, du Handicap et de la Santé (CIF)) montrent que nous n’en sommes qu’au stade de la compréhension du concept.
Les recherches actuellement en cours visant à s’accorder sur une définition internationale sont un défi presque insurmontable, tant les modèles du handicap sont influencés par la culture. Les sous-sections suivantes rendent compte des trois principaux modèles de lecture du handicap :
Enfin, la CIF et les directives internationales sur le handicap seront présentées. Nous devons garder à l’esprit que ces modèles et ces définitions sont des propositions pour comprendre le “handicap” et qu’une situation personnelle donnée ou une situation spécifique à un pays peuvent ne pas correspondre exactement à ces modèles. Ces modèles et définitions sont la plupart du temps influencés par les chercheurs occidentaux et/ou par les OPH des pays industrialisés. Par conséquent, ils ne correspondent pas nécessairement aux contextes d’autres pays et d’autres cultures. Ces modèles (en particulier le modèle social et le modèle fondé sur les droits) fournissent la base de toute action concernant le handicap, entre autres les programmes de développement. Il est bon de connaître ces modèles lorsque l’on communique avec une personne issue d’une autre culture, de manière à savoir de quoi il/elle parle et à trouver les moyens de faire comprendre sa propre position.
À propos des termes
Les sous-sections suivantes explorent ainsi les différences entre les termes “handicap”, “déficience”, etc., car les distinctions ne sont pas communément connues. Le problème est ainsi lié à l’usage de définitions différentes. Les problèmes de compréhension sont renforcés lorsque les termes sont traduits de ou dans une autre langue : certaines langues n’ont pas l’équivalent de “handicap” mais plusieurs mots pour différents types de déficiences. Même les différentes langues européennes rencontrent ce problème. Les discussions sur l’usage de termes non-discriminatoires sont permanentes. Le présent document ne cherche pas à juger quels mots sont bons ou mauvais, mais plutôt à encourager la réflexion et la discussion sur les différents termes.




